Il n'est guère étonnant que BAUDELAIRE se soit intéressé au mythe de Don Juan : bien de ses thèmes de prédilection sont en jeu dans la comédie de MOLIERE (l'amour, le désir, la confrontation de l'homme à ses démons, le vice, Dieu, les enfers, la mort ...). C'est bien dans le sillage du dramaturge que s"inscrit le poète, tout en y intégrant la sensibilité et l'esthétique qui lui sont propres. Comment "Don juan aux enfers" est une réécriture du mythe ? Comment BAUDELAIRE prend-il la suite du "Festin de  pierre" ?

I. LA COMPOSITION  du poème va dans le sens d'une transposition : si 5 actes structurent la comédie, 5 quatrains sont écrits par le poète, en alexandrins, mètre des "sujets graves" et des sentiments profonds, privilégié par BAUDELAIRE. Le "déroulement" de ces strophes est dicté par la succession des personnages. Ainsi, Don Juan "encadre" le poème (vers 1 - 2: "Quand Don Juan descendit vers l'onde souterraine" et  vers 19 - 20 : "Mais le calme héros..."). Les vers 3 et 4 sont consacrés au "sombre mendiant". La deuxième strophe évoque les premières cibles du seducteur : les femmes bien sûr, bien qu'ici elles apparaissent plus tentatrices que victimes : "montrant leurs seins pendants et leurs robes ouvertes" (v. 5). Le troisième quatrain évoque Sganarelle et Don Luis. Une strophe entière, la quatrième, expose la douleur d'Elvire. Les quatre derniers vers envisagent la non-rencontre (voir partie 3) entre la statue du Commandeur et Don Juan.

Les liens avec la pièce de MOLIERE sont donc manifestes. Quels sont les éléments qui permettent de parler précisément d'une parenté assumée ? ... Rendez-vous au prochain post pour la deuxième partie !